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Deuxième partie.

Numérisation du son.

Michel Le Jeune.
Article publié le lundi 4 février 2008.


Numérisation du son - Traitement numérique (partie 2).

Voici la seconde partie de l’article traitant des enregistrements numériques. Nous allons désormais nous intéresser au matériel (hardware). Je vais vous présenter physiquement toutes les entrées et sorties de la carte son, passer en revue les principales sources audio, parler de certaines expériences, ... Certains points seront fort similaires à la première partie. Aussi, cet article pourrait vous paraître répétitif. Mais certains points seront tout de même plus détaillés.

1. Présentation de la carte son.

Comme énoncé avant, la carte son est le convertisseur qui vous permet de numériser vos sources analogiques et de les archiver sur le disque dur. On connaît souvent la prise micro et celle des haut-parleurs. Cependant, d’autres fiches mérites d’être abordées.

1.1. Schéma général d’une carte son :

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La carte son ci-dessus est une carte son de type standard. Il s’agit sur la photo de la célèbre Sound Blaster 64.

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Sortie audio principale :

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Généralement caractérisée par la couleur verte, un haut-parleur ou une flèche sortante. C’est sur celle-ci que l’on branche les haut-parleurs, un ampli ou un casque. Elle est au format jack stéréo 3.5 mm.


Entrée Line ou Ligne :

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Sa couleur représentative est le bleu. C’est une entrée stéréo au format jack 3.5 mm. Elle est prévue pour y connecter la plupart des sources audio analogiques.


Entrée micro :

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D’où son nom, on y branche un microphone d’impédance de 600 ohms. Elle est alimentée par un courant continu afin de fournir le courant nécessaire au micro. Elle est au format jack mono 3.5 mm.


Entrées auxiliaires :

(JPG) Ce sont des entrées analogiques comme la ligne hormis que le connecteur est différent. Elles sont stéréos. On y branchait la partie audio des lecteurs CDROM. Quand on lisait un CD audio, le signal analogique passait par là. De nos jours, le flux audio passe numériquement par le port IDE. Néanmoins, même si de nos jours, il est désuet d’y brancher le lecteur CDROM, elles peuvent vous être utiles pour économiser l’entrée ligne. On y branche la sortie audio d’une carte son, d’un modem 56 k, ...

1.2. Types de cartes son.

On peut trier les cartes son, soit par leur prix (gamme), soit par leur architecture matérielle.

Point de vue de la gamme, on a les bas de gamme en dessous de 20 €. Elles fonctionnent avec un chipset basique. Elles suffisent amplement pour une utilisation normale : écouter de la musique, ... Cependant, on remarquera très vite leurs limites : elles "laguent" quand la CPU est trop sollicitée. De plus, elles ont un bruit électronique infâme. Pour les enregistrements HIFI, je les déconseille fortement. De plus, le niveau de sortie est parfois très faible : on ne sait pas brancher un casque dessus avec un niveau sonore acceptable.

En moyen de gamme, on trouve les Sound Blaster Live 5.1, 64,128, ... Elles coûtent de 20 à 60 € selon leurs fonctionnalités. Pour sauver les vinyls et autres supports, elles conviennent parfaitement. La sortie audio délivre un signal assez fort pour y brancher directement un casque. Pour moi, la meilleure carte son restera toujours la sound blaster PCI 64. La 5.1 m’a profondément déçue : elle avait tendance à "laguer" dès que la CPU était trop sollicitée sur un AMD 2400+. De nos jours, la marque n’est plus un label de garantie.

En haut de gamme, on peut trouver à partir de 100 € des cartes son plus professionnelles. Elles sont souvent en USB. Elles sont dédiées à la numérisation HIFI. On multiplie les entrées et sorties analogiques, on y intègre aussi les entrées et sorties numériques SPDIF (cf. partie 1). Certaines ont même un convertisseur RIAA pour les vinyle Pour les férus de la HIFI, même si une moyen de gamme suffit amplement, prenez une haute de gamme. Le bruit électronique est très faible. La Sound Blaster Audigy est un des standards.

Du côté de l’architecture, on distingue trois types de périphériques : PCI/PCI Express, USB et chipset intégré. Les cartes PCI sont les plus courantes dans les PC plus anciens. Les cartes USB sont utilisées comme extension aux PC portables, par exemple, pour avoir une entrée ligne (pas toujours disponible), pour profiter du son 5.1, ... Elles offrent l’avantage de moins souffrir des bruits électroniques du port PCI. On trouve des hauts de gamme USB. De plus en plus en vogue ces dernières années, ce sont les périphériques intégrés à la carte mère. Au début, on préférait de loin une extension PCI : les chipsets d’antan souffraient de lague dès lors de saturations de la CPU. Maintenant, ils sont à la hauteur de la plupart des cartes PCI moyen de gamme. Parfois, on est même surpris de la qualité des chipsets intégrés. Ils sont quasi totalement absents des bruits du PCI en ayant l’avantage d’être proche de l’unité centrale. On retrouve quasi partout le AC97’. Au début, j’étais septique vis à vis des périphériques onboard. Mais aujourd’hui, l’investissement dans une carte PCI ou autre n’est plus si nécessaire. Dans les applications de décodages numériques gourmandes comme les modes digitaux (DRM), les cartes onboards offrent de bien meilleurs résultats que la plupart des soundblaster. Le PSK et le RTTY eux fonctionnent avec tout.

1.3. Caractéristiques des cartes sons.

Lors de l’achat d’une carte ou tout simplement pour effectuer certaines applications, il est important de connaître les caractéristiques de votre carte son et ses limites.

Les deux premiers paramètres à bien connaître sont la fréquence d’échantillonnage maximale et la largeur en bit (théorie cf. partie 1). Pour enregistrer en qualité CD, on a pas trop à s’inquiéter, elles supportent toutes le 16 bits depuis plus de 15 ans ainsi que la fréquence d’échantillonnage de 44,1 kHz. On peut dire que l’on a atteint le plafond de l’oreille humaine. Mais pour des applications spécifiques comme le décodage RDS ou la détection d’ultrasons, ..., il vous faudra une fréquence d’échantillonnage bien plus haute (Shannon). Aujourd’hui, elles permettent de monter jusqu’à 192 kHz.

Ensuite, selon vos désirs, il est intéressant de connaître les options offertes. Pour les fans de DVD et de jeux, un modèle 5.1 vous satisfera grandement. Les cartes sons d’aujourd’hui offrent quasi toutes le 5.1. Il y a même le 7.1 et le 8.1. Bon, là, c’est à chacun de choisir selon ses affinités. C’est un plus agréable, mais il faut l’installation home cinéma avec. La plupart du temps, vous n’utiliserez que la stéréo. J’ai une installation 5.1, mais je ne l’utilise que pour les DVD vidéo. Elle reste éteinte le reste du temps.

Si vous possédez des équipements numériques comme un DAT, un minidisc, une radio DAB, ..., certains modèles sont équipés d’entrées et sorties SPDIF. On retrouve soit la fibre optique ou le coaxiale. Le point suivant abordera de sujet plus en détail.

Il y a plein d’autres paramètres, mais je ne vois pas l’utilité de tout détailler ici. Pour le niveau de bruit, les seuils de tensions, l’immunité CEM (à ce point de vue, pas trop de soucis), le chipset, ..., consultez les datasheets. Certains renseignements ne sont pas indispensables, mais certains cas, ce sont eux qui déterminent le choix d’une carte ou d’une autre. Le choix du chipset pour les applications très pointues ne peut pas être négligé par exemple.

2. Enregistrement d’une source audio.

Dans ce chapitre, nous allons effectuer un enregistrement à partir de plusieurs types de sources : analogiques et numériques. L’aspect logiciel est décrit dans la partie 1. Ici, je ne m’attarde qu’au matériel. Cette partie peut vous sembler très simpliste.

2.1. Source analogique : cassette, tuner FM, minidisc, DAT, ...

Prérequis :

-  Un lecteur K7 ou un tuner FM (source audio)
-  Un câble d’accord entre la source et la carte son
-  Un PC équipé d’un logiciel de capture audio (magnétophone, Sound Forge, Gold Wave, ...)

Procédure :

Reliez le câble entre la source (sortie casque) et l’entrée line de la carte son. Ce câble est très souvent un accord jack 3.5 mm mâle <-> jack 3.5 mm mâle stéréo. Du côté source, on peut aussi prendre la sortie (OUT) cinch de cette source (deck K7 ou tuner de chaîne HIFI). Le côté entrée line sera toujours un jack stéréo 3.5 mm.

Régler les niveaux sonores d’entrée, d’une part, à la source (bouton volume) et d’autre part, dans le panneaux de contrôle des volumes de Windows (cf. partie 1). Le niveau de la source sera maximal en vue de pouvoir négliger le bruit (souffle), ce, sans saturer l’étage d’entrée de la carte son. Le signal doit rester clair mais fort. On règle de telle manière à ce que les picks maximaux ne dépassent jamais le 0 dB (niveau limite de saturation sur le VU mètre), mais en reste très proche.

Ouvrez le logiciel d’enregistrement, lancez d’abord l’enregistrement, puis, lancez la K7.

Tout le détail est dans la partie 1 !

Ci-dessous, je vous propose trois échantillons vous permettant de régler convenablement. J’ai laissé volontairement un blanc au début pour entendre le souffle électronique. La source est ici un enregistrement DAB. N’hésitez pas à analyser la courbe de ceux-ci.


Sample 1.

Rapport signal/bruit trop petit :

• Le niveau de la source est très faible. • Le niveau de la carte son est maximal. • On peut entendre au début un souffle sans peine. Il provient en grande partie de la carte son. Une fois le morceau lancé, il devient moins perceptible. Mais au casque, on l’entend. On dirait une K7. Ce genre d’enregistrement peut toujours néanmoins être retravaillé.

Sample 2.

Enregistrement idéal :

• Le niveau de la source est plus élevé. • Le niveau de la carte son est moins élevé. • Au début, on entend un très léger souffle. Le rapport signal/bruit est assez haut. Sur le VU mètre, les picks frôlent la limite presque sans la dépasser.

Sample 3.

Rapport signal/bruit trop élevé :

• Le niveau de la source est trop élevé • Le niveau de la carte son est trop élevé • On entend de nouveau un souffle au début, il provient de la source et de la carte son. Une fois que le morceau commence, il "crache". On a saturé l’étage d’entrée de la carte son. Il s’en sort un son distordu. Il n’est pas possible de récupérer efficacement un tel enregistrement.


Pour information, les fichiers on été enregistrés en qualité CD 44.1 kHz 16 bits stéréo, puis recompressé au format mp3 128 kbps. Penchez-vous sur le rapport signal utile/bruit et non sur les défauts inhérents à la compression et shifts.

Note sur l’entrée ligne (LINE N) :

L’entrée ligne tout comme les auxiliaires supportent les signaux provenant des walkmans, tuners, deck K7, autres PC, magnétoscope, lecteur CD, DVD, baladeurs mp3 ..., bref, tout ce qui peut être branché sur l’entrée AUX d’un ampli HIFI peut être raccordé sur l’entrée LINE IN.

Eteignez tous les appareils sources de perturbations comme les GSM, les CB, la station RA, rhéostats ... Cela évitera de recommencer tout un enregistrement à cause de bip bip parasites.

2.2. Source analogique : vinyles 33/45 tours.

Prérequis :

-  Une platine vinyle.
-  Un ampli de chaîne HIFI avec entrée PHONO ou convertisseur RIAA.
-  Le câble d’accord entre le convertisseur et la carte son.
-  Un logiciel d’enregistrement.

Procédure :

C’est la même que pour les K7. Seul le détail suivant est à prendre en compte : on ne branche pas la platine directement à la carte son sans passer par un préampli. Pourquoi ? La sortie des platines vient directement du diamant. Le signal délivré est très faible (3 mV). Par ailleurs, les basses fréquences sont fortement atténuées et les hautes fréquences fortement accentuées sur le spectre fréquentiel. On applique ce filtre en vue d’améliorer le rapport signal/bruit. On appelle cette norme RIAA. Il faut donc un préamplificateur pour amplifier le signal à un niveau convenable et un filtre RIAA pour corriger le spectre. Ces deux éléments sont présents dans le convertisseur RIAA. Dans votre chaîne HIFI, il est intégré à l’ampli et associé à l’entrée PHONO. Il existe aussi des modules indépendants qui peuvent faire cette tâche. Ces modules, appelés préamplis, amplifient le signal le signal pour être directement exploité dans une entrée conventionnelle (ici la LINE IN). Ils sont alimentés. On y entre et sort les signaux par les connecteurs CINCH.

(JPG) Ainsi, deux possibilités s’offrent à vous :

- Si vous possédez toujours un ampli HIFI avec entrée PHONO ou une mini-chaîne HIFI combi, utilisez la prise "écouteur" comme source. - Sinon, ben, l’achat d’un convertisseur sera indispensable. On y reliera directement la platine et la carte son.

Ci-contre, un convertisseur de marque Bandridge. Il coûte à peu près 30 €. Il est alimenté à l’aide d’un transformateur. Il permet en plus du RIAA de brancher deux micros. Ce dispositif fonctionne très bien. Vous pouvez aussi concevoir ce préampli. De nombreux schémas sont disponibles sur Internet, peut-être même dans la rubrique montage de ce site.

En outre, on peut trouver sur le marché des modules USB. Ce sont des cartes son avec le RIAA intégré. Ils coûtent aux alentours de 70 €.

Les modules RIAA indépendants comme le Brangridge sont à privilégier. D’une part moins chers, d’autre part, on peut les utiliser sur tout équipement HIFI possédant une entrée AUX. Les USB ne servent que pour l’ordinateur.

Voila, tout est dit pour la procédure.

(JPG) (JPG)

Astuces :

Tous les habitués d’une platine savent bien qu’il faut la relier à la terre. Cela évitera d’entendre le ronronnement du 50 Hz du réseau dans votre enregistrement. Pour cela, reliez le petit fil sur le boîtier de votre ordinateur. Donc votre ordinateur doit être à la terre !

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Sachez aussi que les tourne-disques sont très sensibles aux inductions magnétiques et électriques. Eteignez toutes les sources de perturbations comme les GSM, les rhéostats ... . Evitez de trafiquer en HF au même instant HI 3x. Malgré la connexion à la terre, ils ne sont pas entièrement immunisés.

2.3. Source numérique : DAT, minidisc, DVD, CD, Tuner DAB, ...

Prérequis :

- Un lecteur minidisc, CD audio, DAT ou tout autre source ayant une sortie SPDIF. - Un câble en fibre optique ou coaxiale (selon le connecteur de vos appareils). - Une carte son ayant une entrée numérique, SPDIF soit optique, soit coaxiale. - Un logiciel de capture.

Procédure :

(JPG) Elle identique à celle de la K7. La variante consiste dans le fait que le signal n’est plus analogique, mais numérique. Pour les lecteurs minidisc et DAT, la fibre optique est le plus courant. Il faut bien savoir que la plupart des baladeurs minidisc ne sont équipés que d’une entrée SPDIF ! Donc, vérifiez bien qu’il puisse sortir un signal digital. Dans tous les cas, si votre équipement est un module HIFI, il aura une sortie optique et coaxiale.

Tous les lecteurs de DVD de salon et certains lecteurs CD audio sont aussi équipés du SPDIF. Il est utilisé ici pour les amplificateurs home cinéma haut de gamme.

Pour la fibre optique, vous avez deux types de connecteurs :

(JPG) (JPG) Ci-contre, Le connecteur standard. Vu le long de la section, il a une forme d’un rectangle avec deux chanfreins de 45°. En son centre, il a y a la fibre optique de type cylindrique. On le protège à l’aide d’un capuchon. Une lumière rouge (LASER) sert à transmettre le signal.

Le câble optique sera toujours mâle <-> mâle selon le standard ci-contre.

(JPG) Ici, un adaptateur jack 3.5 mm. Dans les baladeurs, l’optique est dans la même prise que pour les écouteurs, donc une jack 3.5 mm. Un système permet de faire la distinction entre une fiche optique ou analogique.

Le connecteur coaxial n’est rien d’autre que le CINCH. C’est le câble qui est coaxiale : impédance de 75 ohms.

Note :

Pour la fibre optique, il faut faire attention à ne pas croquer le fil. C’est bien plus fragile que toutes les autres sortes de câbles.

3. Prise de son avec un micro dans un environnement perturbé électromagnétiquement - Dédié au radioamateurs.

Ce chapitre est principalement destiné à la prise de son à l’aide d’un micro sur le terrain. Il est plutôt dédié aux radioamateurs Je vais partager les expériences vécues par quelques OM’s voulant enregistrer des QSO’s lors d’activations de châteaux Ici, le but n’est pas de faire de la prise de son comme les journalistes. Mais certains points doivent être éclaircis.

3.1. Compatibilité électromagnétique (CEM).

C’est un grand mot au 21è siècle. Tout technicien en radio, électroniciens, ... sait de quoi on parle par CEM. Il s’agit d’une norme définissant l’immunité des appareils électroniques aux perturbations électromagnétiques. Dans les cas présentés ci-dessus, on supposait que l’on s’éloignait des sources gênantes Lors d’une activation d’un château, enregistrer les conversations radios en même temps qu’émettre est assez difficile. Le rayonnement HF étant facilement de 20 à 100 W passe dans tous les équipements audio. Nous avons un spécialiste en la matière.

Quelque soit le système d’enregistrement, il y aura toujours un point faible : le micro ! Et oui, le micro est la source de problèmes qui sera toujours présente.

3.2. Expérience vécue.

Enregistreur :

(JPG) L’expérience nous a montré que les enregistreurs à bandes magnétiques analogiques et à K7 sont à proscrire irrémédiablement En émission HF, la composant magnétique de l’onde électromagnétique induira des courants dans les circuits. De plus, qui dit support magnétique, dit sensible aux champs magnétiques. En plus des inductions de courants parasites, la tête d’enregistrement magnétique sera perturbée si le champs est trop fort. A l’écoute, c’est assez amusant, on entend la voix de l’opérateur à la fois provenant du micro et aussi par la porteuse. La somme des deux nous donne une voix assez grave et très sourde. Je vous invite à écouter les enregistrements de notre ami Pop.

Par contre, dès que nous utilisions une caméra, tout était arrangé. En effet, la caméra utilisée est une digitale mini DV. Elle est immunisée contre la HF : la longueur du fil reliant le micro incorporé à son ampli est dérisoire. Donc, déjà avec une antenne petite, on diminue les chances de perturbations. D’autre part, la plus grande partie du dispositif est numérique. En général, les équipements numériques résistent mieux : il faut un signal tout ou rien. Aussi, cette caméra a un blindage autour des parties sensibles.

Comme seul le son nous intéresse pour un QSO, le preneur de son s’est tourné vers un enregistreur numérique. Nous avons donc eu recours à un ordinateur équipé d’une sound blaster et d’un logiciel de capture audio. Les ordinateurs sont très peu sensibles à la HF. De un, le boîtier par effet Faraday protège une partie des équipements, de deux, les cartes sont conceptuellement immunisées aux normes CEM. Bon, on a trouvé l’enregistreur.

Microphone :

(JPG) Un problème résidait pourtant toujours : en émission, la voix du radioamateur était étouffée. Pourquoi alors qu’un PC n’est pas assez sensible à la HF ? La loi du baril percé nous oblige à trouver la faille. Comme dit plus haut, il s’agit des microphones. Le micro dynamique est un électro aimant. S’ajoute donc aux vibrations sonores les vibrations HF. Comme on émet en SSB ou en AM (variation d’amplitude d’un signal), le micro est capable démoduler la porteuse. Il faut ajouter le fait que le fil du micro fait office d’antenne. En FM, le problème ne se poserait même pas. Mais les transmissions sont en SSB qu’on le veuille ou non.

Nous avons essayé différents types de micro : électostatique et électret A VERIFIER !!! Notre preneur de son avait construit un micro électrostatique sur base d’un microphone professionnel. Sa qualité sonore est irréprochable. Sur le terrain, il en a été tout autre ! Après, nous avons eu reccours à un bête micro électret pour ordinateur, un micro pour Skype. A notre grand étonnement, ce micro présentait beaucoup moins de perturbations que le précédent. Nous en avons conclu que nous l’utiliserions à l’avenir.

Emplacement du microphone :

Bon, même si le micro pour Skype est bien moins sensible, 50 W sur sa pomme, il arrive tout de même à démoduler la porteuse. Considérons alors le micro comme un récepteur radio sur une autre fréquence. De la sorte, en l’éloignant de la source, 1 à 2 mètres suffisaient, le bruit HF était quasi inexistant. Bon, il y avait toujours une influence, mais elle devenait supportable.

Mais il faut régler un dilemme : l’opérateur est devant son émetteur et le micro doit être à moins d’1 m de l’émetteur ou tout élément relié à l’antenne. Il faut trouver la distance idéale à laquelle les perturbations demeurent acceptables et que l’on puisse entendre l’opérateur. Cette emplacement varie selon le type d’émetteur et le rayonnement. Notre micro électret a été placé à côté du poste émetteur au moins à 30 cm de celui-ci en hauteur. Quand il touchait ou longeait l’émetteur, la perturbation se faisait ressentir. Mais posé sur son socle plus haut que le poste, c’était suffisant. Il était dirigé vers l’opérateur. Le haut parleur de la radio était à une distance raisonnable pour éviter les crachements.

Voici le croquis utilisé lors de l’activation du château de la Posterie :

(JPG)

Les cotes sont en mètre. Les dimensions du poste et de la table sont arbitraires. Seules les cotations du micro comptent.

Ci-dessus, la disposition prise lors de l’activation.

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L’opérateur :

Un élément primordial dans la prise de son est la direction du micro vis à vis de la source à enregistrer. A la télévision, à la radio, les animateurs parlent devant le micro et non à côté. Lors d’un reportage, on place le micro que une perche pour éviter tout obstacle sur la liaison. Ici, on a eu dur à trouver cette condition idéale : l’opérateur parle déjà devant un micro ! On devine que la majeure partie de la voix est bloquée. Le micro d’enregistrement n’a plus que le reste. Pour remédier en partie à ce problème, nous avons placé le micro le plus directement face à l’opérateur et demandé que celui-ci articule bien et fort. Mais éloigner le micro du poste n’est pas envisageable. La priorité est sur la transmission et non l’enregistrement.

Le bruit environnant :

Jusqu’à présent, nous n’avons parlé que du bruit HF et du bruit électronique. Mais une autre source de bruit est tout aussi gênante pour la prise de son : l’environnement immédiat. Le micro enregistre tout ce qui ce passe : chants d’oiseaux, F16 survolant et les conversations. Le but est donc d’éviter un maximum le bruit ambiant. Si l’activité est dans un local isolé, on sera épargné du bruit extérieur. Mais nous sommes nous même des sources de bruits. Par notre déplacement et nos conversations, nous perturbons l’enregistrement. Malgré la directivité du micro, les sons des alentours sont aussi captés. Par courtoisie, lors d’une prise de son, tous entourage fera attention à ne pas parler fort et a éviter de déplacer des objets, surtout de ne pas bousculer la table sur laquelle repose le micro. On ne doit entendre que l’opérateur. Les chuchotements sont permis à partir de 4 m du micro.

Les niveaux sonores et essais :

Comme décrit plusieurs fois avant, il faudra régler le niveau sonore de manière à obtenir le meilleur rapport signal/bruit sans pour autant poussé la sensibilité à fond. Si l’opérateur est à moins de 50 cm et qu’il parle distinctement et assez fort (tout entourage doit l’entendre clairement, mais pas besoin de crier), le bruit environnent sera d’autant plus réduit. N’oubliez pas d’activer l’option "+ 20 dB" dans les paramètres sonores du micro (cf. partie 1). Sinon, l’opérateur devra crier pour moduler dans le micro.

Avant d’enregistrer, il convient d’effectuer des essais en conditions réelles. Seuls eux permettrons d’optimiser la capture de son. Dans ces essais, il faut faire parler la personne en émission dans sa position habituelle. Ensuite, on recorrige les paramètres : demander que l’opérateur se positionne d’une manière, parle d’une manière, replacer le micro, régler le volume adéquat. Cela ne réussi pas du premier coup. Mais l’habitude accélère grandement les réglages. L’opérateur devra bien garder sa position d’essai et sa manière de parler. Le test se fait en live ! Il faut reboucler le micro dans un casque (attention à l’effet Larsen). Le preneur de son peut ainsi corriger directement l’opérateur.

Une fois que tous ces paramètres sont réglés, on peut enregistrer.

Sachez que vous entendrez toujours l’influence HF ! Le but est ici de la réduire au maximum !

Matériel utilisé :

- Ordinateur Pentium III Desktop avec HD de 10 GB et sound blaster. - Micro Trust avec son support. - Un logiciel d’enregistrement gratuiciel.

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Ci-dessus, en premier plan, voici notre enregistreur.

3.3. Autres matériels.

Dans nos expériences, nous n’avons pas testé d’enregistreurs DAT ou minidisc par manque de moyen. Cependant, ayant possédé jadis un enregistreur minidisc, j’ai déjà effectué ce genre d’essais : avec un GSM en appel sur Mobistar (le début de la communication est à 2W) contre le minidisc, j’entendais à peine son influence en enregistrement microphone. Donc si vous avez la possibilité d’utiliser un minidisc ou un DAT, je ne peux que vous encourager. Mais il faudra respecter les mêmes règles pour le micro et ne pas placer l’enregistreur juste à côté. Lors d’une activité RA, ce ne sont pas les 2W du GSM qui rayonnent, mais facilement 50 à 100 W. 10 cm suffisent de tout éléments rayonnants (coaxiale, émetteur et antenne). Les PC portables (génération Pentium II et plus) résistent eux aussi très bien aux perturbations, même à côté du poste (cf. photo ci-dessus). Néanmoins, certains modèles sont un peu plus sensibles que d’autres. Mais en général, ils sont assez sourds à la HF.

3.4. Procédure.

Prérequis :

- Un micro. - Un enregistreur numérique.

C’est la même que pour la K7, hormis que la source est un micro branché sur l’entrée micro.

3.5. Améliorations possibles.

On peut améliorer le système en isolant chaque élément relié à l’enregistreur à l’aide de tores de ferrites. On enroule les fils d’une ou deux spires. L’effet selfique atténuera une partie de la HF. Comme l’émetteur est branché sur la même prise que le PC, on peut ajouter un filtre CEM l’alimentation à découpage. Ils coûtent 7 € dans les boutiques d’électronique. a l’origine elle est isolée, mais un filtre CEM est un plus intéressant. En général, il n’est pas indispensable car les alimentations utilisées pour les postes d’émission sont filtrées.

Mais il faut bien se mettre à l’idée que l’on entendra toujours la partie HF quelques soit les filtres, etc ... Mais les résultats de nos tests nous ont montré qu’il était possible d’enregistrer les QSO dans de bonnes conditions avec une qualité acceptable. Je vous mettrai à votre disposition des extraits d’enregistrements pris lors de l’activation de la Posterie dès que possible.

3.6. Conclusion.

Il est possible d’effectuer des prises de sons convenables dans un environnement très perturbé électro magnétiquement en respectant certaines règles et avec l’équipement adéquat. Cet équipement est à la portée de tous. Lors de l’installation du matériel, il faut penser à l’aspect pratique et aussi aux compatibilités CEM.

Ici se termine ce chapitre, contrairement aux autres, il est évolutif, incomplet. J’y ajouterai nos nouvelles expériences et vous invite à mettre la vôtre.

4. Le CD audio-extraction.

Jusqu’à présent, vous savez enregistrer des K7, des vinyls et même capturer du son. Mais comment enregistrer un CD audio ?

Il ne suffit pas de copier les fichiers "track01.cda" sur votre disque dur ! Les musiques sur un CD audio (CDa) sont gravées physiquement par piste. Cette piste ne porte pas de nom. Lors de la lecture, la tête lit les informations contenues dans la TOC. La TOC est la table des matières des pistes du CD. La TOC renvoie la tête à l’endroit correspondant à la piste. Ainsi, le LASER lit le contenu. Contrairement à un CD-ROM, le flux audio n’est pas un fichier ! Une chanson est une suite d’octets contigus séparés par une piste. Un CD-ROM ne contient qu’une et une seule piste : le data.

De là, on comprend vite qu’il faut lire les pistes les unes après les autres et les enregistrer. C’est ce que l’on appelle de CD audio extraction. Cette opération consiste à extraire le flux audio de manière numérique et de la convertir en un fichier wav ou mp3 dans le but de le conserver. Beaucoup de logiciels savent effectuer cette tâche comme Music Match Jukebox, Windows Media Player, iTunes, ... Ils lisent le CDa comme un lecteur de salon, capture le flux numérique à la volée et l’enregistre sur HD. Le flux passe par le port IDE. Cela permet d’enregistrer un CD plus rapidement qu’en temps réel.

On voit que sauver son CD favoris pour le jouer dans son baladeur mp3 n’est pas si difficile.

En plus, la CDDB (CD Data Base) vous permet retrouver les titres des chansons. Chaque CDa acheté chez le disquaire possède un code par album. Le lecteur lit ce code, le retransmet à la CDDB via Internet et vous fournit les titres.

Pour le CD audio extraction, il faut cependant respecter une règle essentielle : la vitesse ce capture. On aura tendance à pousser la machine trop vite. Une vitesse trop rapide augmente fortement le risque artefacts shitfs, ... De préférence, on opère une vitesse entre 6 et 10 fois pour être sûr du résultat. En wav, elle peut être plus rapide (on ne fait que recopier le CD sans effectuer de calcul de compression).

Le britrate du fichier mp3 doit être de 128 kbps au minimum (cf. partie 1) ou en wma 96 kbps. Le wma 64 kbps souffre artefacts même s’il supporte le 44.1 kHz 16 bits. Pour stocker sur disque dur ou CDROM, préférez un britrate de 128. Le format wma vous offrira une meilleure qualité à ce britrate. Pour un lecteur mp3 clé USB, on se contentera du wma 64 kbps pour raison de stockage. Cette qualité suffit pour la route où le bruit ambiant est fort. Si vous possédez un mp3 de plus de 2 GB, stockez avec un débit plus gros. Les audiophiles préfèreront de loin le format ogg.

Comme énoncé dans la partie 1, évitez les reconversions successives d’un format destructif à un autre. Vous ne ferez qu’altérer votre fichier. Partez toujours du format natif.

La procédure de CD audio extraction est disponible partout sur internet. C’est pourquoi je me contente de présenter le sujet superficiellement. Sachez aussi que vous devez posséder le support original et ne pouvez copier un CD qu’à titre privé !



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